Julien a la trentaine, il vient de perdre son père. En séance, il visualise un jardin. Certaines zones sont luxuriantes, d’autres sombres et à l’abandon — chacune porte un souvenir de lui. Séance après séance, il apprend à entretenir les zones laissées en friche, à y ramener un peu de lumière. Peu à peu, ce deuil cesse d’être une ombre qui le suit partout pour devenir une part de lui, une force plutôt qu’un poids.
Qu’est-ce que la mélancolie du deuil ?
La mélancolie du deuil n’est pas une simple tristesse passagère : c’est un état qui s’installe, avec un sentiment de vide persistant et une difficulté à se projeter dans l’avenir. En Rêve Éveillé Libre, la méthode que je pratique à Palézieux-Gare, dans le canton de Vaud, ce type de deuil se travaille en donnant une forme concrète — une image, comme le jardin de Julien — à ce qui, autrement, reste diffus et englobant.
Comment le Rêve Éveillé Libre travaille cette mélancolie ?
Plutôt que de rester prisonnier d’un passé douloureux, la personne est invitée à dialoguer avec ses souvenirs — pas seulement les plus lourds, mais aussi les moments de joie partagés avec la personne disparue. Chez Julien, ce sont les zones à l’abandon du jardin qui portaient sa douleur, et les zones encore luxuriantes qui gardaient la mémoire des bons moments. Travailler l’image dans son ensemble, plutôt que de rester bloqué sur sa partie la plus sombre, permet souvent de faire bouger quelque chose que les mots seuls n’atteignent pas.
Faut-il suivre des étapes précises pour faire son deuil ?
Le deuil n’avance pas en ligne droite, malgré ce que suggèrent certains modèles en étapes. Certains jours ressemblent à des reculs, d’autres apportent un vrai répit — les deux font partie du même processus. Ce qui compte n’est pas de cocher des étapes dans l’ordre, mais de laisser à chaque émotion la place d’exister, sans se juger de la ressentir encore.
Si cette mélancolie s’est installée depuis un moment sans que rien ne semble la faire bouger, prenez rendez-vous pour une première séance — 100 CHF, non remboursée par l’assurance de base ou complémentaire.
Comment tenir bon au quotidien pendant cette période ?
Un journal où déposer ce qu’on ne dit à personne, une marche régulière, un appel à quelqu’un de confiance : ce sont des points d’appui simples, pas des solutions en soi, mais ils aident à traverser les jours les plus lourds pendant que le travail plus profond se fait en séance. Julien, par exemple, a commencé à écrire à son père dans un carnet, et à marcher en nature les jours où la mélancolie semblait insurmontable.
Si cette mélancolie s’accompagne d’idées noires ou d’un épuisement qui dure, elle mérite d’être adressée aussi avec un médecin — la cure de Rêve Éveillé Libre vient en complément d’un suivi médical, jamais à sa place.
Questions fréquentes
La mélancolie après un deuil est-elle différente d’une dépression ? Les deux peuvent se ressembler, mais la mélancolie de deuil reste généralement centrée sur la personne perdue, alors qu’une dépression s’étend souvent à l’ensemble de la vie. En cas de doute, un avis médical reste la meilleure boussole.
Combien de temps dure la mélancolie du deuil ? Il n’y a pas de durée type. Ce qui compte, c’est que l’état évolue avec le temps — s’il reste figé pendant des mois sans aucun changement, c’est souvent le signal qu’un accompagnement peut aider.
Le Rêve Éveillé Libre remplace-t-il un suivi psychiatrique en cas de dépression ? Non. En cas de dépression installée, la cure vient en complément d’un suivi médical, jamais à sa place.
