Je me souviens de Laurence, en première séance avec moi. Un seul rêve, une seule phrase : « Je ne vois rien. » Beaucoup y verraient un échec, l’idée qu’elle ne saurait pas rêver. Je l’ai plutôt fait explorer ce rien. Était-il palpable ? Avait-il une densité ? Faisait-il peur ? Était-il blanc, noir, visible, invisible ? Question après question, ce rien a commencé à parler — et il parlait de sa naissance, où elle avait failli mourir. Comme si elle n’était jamais tout à fait passée de l’avant-naissance à la vie. Pour elle, la vie ne voulait rien dire, puisqu’elle n’avait jamais tout à fait démarré.
Que se passe-t-il quand on n’arrive à rien voir, rien sentir ?
Ne rien voir, ne rien ressentir en séance n’est pas un échec : c’est déjà une information à explorer. En Rêve Éveillé Libre — la méthode que je pratique à Palézieux-Gare, dans le canton de Vaud —, le rien se travaille comme n’importe quelle autre image, avec ses propres questions : sa texture, sa couleur, sa présence ou son absence de danger.
Le vide n’a rien d’un blocage à surmonter au plus vite. C’est souvent l’endroit exact où quelque chose d’ancien attend d’être regardé.
Le vide n’est pas toujours lié à un deuil
On associe souvent le vide à la perte d’un proche, et j’en parle ailleurs, notamment dans Deuil et Rêve Éveillé Libre et dans L’exploration du vide est une étape cruciale du travail de deuil, plus centré sur la dimension symbolique du deuil. Mais le vide surgit dans bien d’autres circonstances : une identité qui se redéfinit après un changement de travail, une rupture, un sentiment de déconnexion qui s’installe sans raison précise. Chez Laurence, le vide ne parlait pas d’une personne perdue, mais d’un commencement qui avait failli ne jamais avoir lieu. Chaque vide a son origine propre — c’est pour ça qu’il mérite d’être exploré pour ce qu’il est, plutôt que rattaché d’office à un deuil.
Explorer le rien plutôt que le combler
Le réflexe naturel face au vide, c’est de vouloir le remplir au plus vite — une nouvelle activité, une nouvelle relation, n’importe quoi qui bouche le trou. En séance, je propose l’inverse : rester dans le rien, le questionner tel qu’il se présente. Chez Laurence, ce sont des questions très concrètes qui ont ouvert la porte — la densité du rien, sa couleur, sa proximité ou sa distance avec le corps. Ce qui semblait vide au premier abord contenait, une fois exploré, tout un monde de possibles.
Si un rien, une absence, un sentiment de déconnexion vous accompagne depuis un moment sans que vous sachiez d’où il vient, prenez rendez-vous pour une première séance — 100 CHF, non remboursée par l’assurance de base ou complémentaire.
Cela dit, si ce vide s’accompagne d’idées noires, d’un épuisement profond ou d’une dépression installée, la cure vient en complément d’un suivi médical, jamais à sa place.
Retrouver des points d’ancrage au quotidien
En parallèle d’un travail sur l’image du vide, quelques repères simples aident à traverser une période de flottement : un rituel fixe qui structure la journée, une marche, un appel régulier à quelqu’un de confiance. Rien de spectaculaire — juste des points d’appui pendant que le travail plus profond se fait, en séance, sur ce que le vide porte réellement chez vous.
Diplômé EREL, reconnu ADREL et FF2P, je pratique le Rêve Éveillé Libre depuis plus de 6 ans — vous pouvez retrouver mon parcours sur la page à propos et le détail de la méthode sur la page Rêve Éveillé Libre.
Questions fréquentes
Ne rien ressentir en séance de Rêve Éveillé Libre, est-ce un problème ? Non. Le rien se travaille comme n’importe quelle autre image — sa texture, sa densité, ce qu’il évoque — plutôt que d’être vécu comme un échec.
Le vide est-il toujours lié à un deuil ? Non. Il peut venir d’un changement de vie, d’une rupture, ou même, comme chez Laurence, d’un événement lié à la naissance. Chaque vide a sa propre origine.
Faut-il chercher à combler le vide rapidement ? Pas nécessairement. L’explorer d’abord permet souvent de comprendre ce qu’il porte, avant de chercher à le remplir.
