« Encore en train de flipper pour rien. » C’est la phrase qu’une personne que j’ai reçue en cabinet se répétait, chaque fois qu’une angoisse montait. Pas de la compassion pour elle-même — un reproche, sec, presque automatique. Comprendre mes angoisses sans me juger, c’est la question que se posent, sans toujours la formuler ainsi, la plupart des personnes qui viennent me voir.
C’est très courant. Beaucoup de personnes qui viennent me voir en Rêve Éveillé Libre à Palézieux-Gare ne me parlent pas d’abord de leur angoisse, mais de la honte de la ressentir. Comprendre mes angoisses commence pourtant par un renoncement simple, et pas si facile : arrêter de se juger pour ce qu’on ressent.
Pourquoi juge-t-on ses propres angoisses ?
Souvent, ce jugement n’est pas né avec vous. Il a une origine : une voix entendue enfant (« arrête de pleurer pour rien », « tu es trop sensible »), un entourage qui valorisait le contrôle plutôt que le ressenti, une époque où montrer sa peur passait pour une faiblesse. Cette voix ancienne, on l’a intériorisée. Elle est devenue la nôtre, et elle continue de juger nos angoisses à la place de ceux qui, un jour, les ont jugées avant nous.
En Rêve Éveillé Libre, il arrive qu’une image fasse remonter précisément cette voix — un visage, une pièce, une phrase entendue. La personne qui se reprochait de « flipper pour rien » a vu, en séance, une salle à manger silencieuse, un adulte qui levait les yeux au ciel dès qu’elle pleurait. Ce n’était pas un souvenir dramatique. Juste une habitude répétée, qui avait fini par se loger en elle comme une règle : on ne montre pas ce qu’on ressent. Revoir cette scène, sans la juger à son tour, a suffi à desserrer un peu l’étau.
Comprendre mes angoisses sans me juger : par où commencer ?
Le réflexe naturel face à l’angoisse, c’est de vouloir la faire taire — se raisonner, se distraire, se répéter que « ce n’est rien ». Le problème, c’est que combattre une émotion la renforce souvent, comme si elle devait insister plus fort pour se faire entendre.
Une autre voie consiste à l’observer, simplement. Remarquer où elle se loge dans le corps — la gorge serrée, le ventre noué, les épaules qui remontent. Pas pour l’analyser tout de suite, juste pour la reconnaître comme un signal, et non comme un ennemi. C’est un premier pas, souvent plus difficile qu’il n’y paraît : il demande d’accepter de ressentir, avant même de comprendre.
Comment le Rêve Éveillé Libre aide à changer de regard sur ses angoisses
Le Rêve Éveillé Libre ne cherche pas à faire disparaître une angoisse de force. Installée confortablement, les yeux fermés, vous laissez venir les images qui se présentent — sans direction, sans interprétation imposée. Ce sont elles qui, souvent, mènent jusqu’à l’origine du jugement que vous portez sur vous-même, et permettent de le regarder autrement.
C’est précisément ce que veut dire comprendre mes angoisses sans me juger : non pas apprendre à mieux les cacher, mais apprendre à ne plus se faire violence pour les ressentir. C’est ce travail-là que nous faisons ensemble en séance.
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Le non-jugement, ça s’apprend
Le non-jugement n’est pas un interrupteur qu’on actionne d’un coup. C’est une pratique, qui se construit séance après séance, parfois en dehors du cabinet aussi. Reconnaître une pensée sévère envers soi-même (« je ne devrais pas ressentir ça ») au moment où elle surgit, et la laisser passer sans lui donner raison, change progressivement la relation qu’on entretient avec ses propres émotions.
Diplômé EREL, reconnu ADREL et FF2P, je pratique le Rêve Éveillé Libre depuis plus de 6 ans à Palézieux-Gare, dans le canton de Vaud. Vous pouvez retrouver mon parcours sur la page à propos. Si vos angoisses s’accompagnent d’idées noires ou d’un épuisement qui dure, un suivi médical reste indispensable en parallèle — la cure vient en complément, jamais à sa place.
Questions fréquentes
Comment savoir si je me juge trop pour mes angoisses ? Un signe simple : si votre première réaction face à l’angoisse est de vous en vouloir plutôt que de vous demander ce qu’elle essaie de dire, il y a probablement un jugement ancien à l’œuvre.
Faut-il comprendre pourquoi on est anxieux avant de pouvoir arrêter de se juger ? Non, les deux peuvent avancer ensemble. Le non-jugement rend souvent la compréhension plus facile, pas l’inverse — on voit mieux ce qu’on n’a plus besoin de combattre.
En quoi cet article diffère-t-il de celui sur l’angoisse sans raison ? Celui-ci concerne le regard que vous portez sur vos propres angoisses, quelle qu’en soit la cause. Pour comprendre l’origine d’une angoisse qui n’a pas d’explication dans votre vie actuelle, voir Angoisse sans raison : d’où vient-elle vraiment ?
