Julie a neuf ans quand elle perd son demi-frère aîné. Sa famille est recomposée, son père est parti vivre avec une autre femme, et dans ce paysage familial déjà fragile, sa tristesse ne trouve pas vraiment de place. Elle grandit avec l’impression que ce deuil ne lui appartient pas tout à fait — qu’elle n’a pas le droit d’y prétendre autant qu’un frère ou une sœur de sang. C’est des années plus tard, en séance de Rêve Éveillé Libre, qu’elle finit par se l’autoriser.
Peut-on s’interdire son propre deuil ?
Oui, et c’est plus fréquent qu’on ne le pense : dans une famille recomposée, un deuil d’enfance, ou une relation jugée « pas assez proche » par l’entourage, la tristesse peut rester en suspens, jamais tout à fait vécue. En Rêve Éveillé Libre — la méthode que je pratique à Palézieux-Gare, dans le canton de Vaud —, ce sont souvent les rêves qui redonnent au deuil la place qu’il n’a jamais eue.
Chez Julie, c’est un rêve précis qui a fait bouger les choses.
Le rêve de Julie
Elle est sur un tapis volant, survole une ville de nuit, traverse des lanternes en papier qui s’envolent vers le ciel étoilé. Elle se pose sur une dune, marche jusqu’à une tente qui ressemble à chez elle. Un aigle se pose non loin. Un homme entre, elle lui fait un câlin, ressort, prend un cheval. L’aigle la suit en vol pendant qu’elle galope vers une oasis, où un vieux monsieur lui tend une pierre, sans un mot, en souriant. Elle repart au galop. Puis tout devient noir.
Ce que ce rêve a changé pour elle
Nous n’avons pas décortiqué ce rêve comme un dictionnaire de symboles. Ce qui a compté, c’est le mouvement d’ensemble : Julie qui prend de la distance avec sa douleur en survolant la ville, qui laisse s’envoler quelque chose avec les lanternes, qui traverse une zone aride avant de trouver, enfin, une oasis et une main qui lui tend quelque chose sans rien exiger en retour. En travaillant cette image avec elle, en séance, quelque chose s’est déplacé : elle a cessé de se demander si elle avait le droit d’être triste, et a commencé à l’être, simplement.
Vous portez peut-être, vous aussi, un deuil que vous n’osez pas nommer parce qu’il vous semble illégitime — prenez rendez-vous pour une première séance, 100 CHF, non remboursée par l’assurance de base ou complémentaire.
Se donner le droit de sentir ce qu’on sent
Reconnaître ce qu’on ressent sans se juger, en parler à quelqu’un plutôt que de le porter seul, laisser une place à l’écriture ou aux rêves pour dire ce qui ne trouve pas encore de mots — rien de tout ça n’est spectaculaire, mais c’est souvent le premier pas. Le reste vient avec le temps, à son propre rythme, jamais celui des autres.
J’ai consacré mon mémoire de fin d’études, à l’École du Rêve Éveillé Libre de Paris, à la question du deuil dans la cure — un sujet que je continue de travailler avec chaque personne qui vient, comme Julie, avec un deuil qu’elle ne sait pas comment nommer. Diplômé EREL, reconnu ADREL et FF2P, vous pouvez retrouver mon parcours sur la page à propos et le détail de la méthode sur la page Rêve Éveillé Libre. Si ce deuil s’accompagne d’une dépression installée ou d’idées noires, la cure vient en complément d’un suivi médical, jamais à sa place.
Questions fréquentes
Peut-on faire le deuil d’une personne qu’on connaissait peu, comme un demi-frère ou une demi-sœur ? Oui. Le lien de sang ou la proximité au quotidien ne déterminent pas la légitimité d’un deuil — ce qui compte, c’est ce que cette perte représente pour vous.
Faut-il analyser chaque symbole de son rêve pour en tirer quelque chose ? Pas nécessairement. Chez Julie, c’est le mouvement global du rêve, plus que le décodage symbole par symbole, qui a permis le changement.
Combien de temps faut-il pour s’autoriser à vivre un deuil ancien ? Il n’y a pas de délai fixe. Certains deuils mis de côté pendant des années se rouvrent en quelques séances, une fois que la personne se sent enfin autorisée à les vivre.
